Dans une opération spectaculaire symbolisant l’intensification des tensions géopolitiques autour des sanctions américaines contre les exportations du pétrole vénézuélien, les forces maritimes des États-Unis ont arraisonné lundi dans l’océan Indien, le pétrolier Aquila II, après l’avoir traqué depuis les Caraïbes sur des milliers de kilomètres, a annoncé le Pentagone.
Selon un communiqué publié sur le réseau social X par le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, l’arraisonnement s’est déroulé «sans incident» dans la zone relevant du Commandement indo-pacifique, après une opération qualifiée de droit de visite et d’interdiction maritime.
Le Pentagone a accusé le navire d’avoir défié le blocus imposé par Washington aux expéditions liées au Venezuela, affirmant qu’il opérait «en violation de la quarantaine établie par le président Donald Trump» pour les navires sanctionnés évoluant dans les Caraïbes.
L’Aquila II, un pétrolier de type Suezmax avait quitté début janvier, les eaux vénézuéliennes dans le cadre d’une flottille et, selon des données de suivi maritime, transportait près de 700.000 barils de pétrole brut lourd à destination de la Chine avant son interception. Plusieurs autres navires de cette flottille ont soit rebroussé chemin vers le Venezuela, soit été saisis antérieurement par les forces armées États-Unis.
Les autorités américaines n’ont pas révélé l’identité du propriétaire du navire et le sort réservé à l’équipage après l’interception du navire en question. Les registres maritimes indiquent que l’Aquila II battant pavillon panaméen, a été visé par des sanctions en lien avec le transport d’hydrocarbures jugés illicites sous des mécanismes connus de «shadowfleet» ou «flotte ombre».
Cette interception intervient dans un contexte de montée des tensions entre Washington et Caracas après le raid militaire américain ayant permis début janvier dernier, la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et s’inscrit dans une stratégie élargie de pression sur les exportations pétrolières vénézuéliennes principalement vers la Chine.
Alors que les États-Unis affirment vouloir faire respecter leurs sanctions, cette action en haute mer ouvre de nouvelles interrogations sur les implications juridiques et diplomatiques de telle extension des opérations des forces armées américaines bien au-delà des Caraïbes.

