Transparency International alerte sur une dégradation historique de la lutte contre la corruption dans le monde, en 2025

La perception de la corruption dans le monde s’est encore dégradée en 2025, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de dix ans, selon le rapport annuel publié par Transparency International (TI). 

L’ONG basée à Berlin  en Allemagne, relève dans son rapport, une érosion généralisée des mécanismes de contrôle, y compris dans des démocraties établies, et alerte sur une crise profonde de l’intégrité publique à l’échelle mondiale.

L’indice de perception de la corruption, qui attribue à chaque pays une note comprise entre zéro (très corrompu) et 100 (très intègre) sur la base d’évaluations d’experts et de dirigeants d’entreprises, fait état d’une moyenne mondiale de 42 points. Au total, 122 pays sur 180 obtiennent un score inférieur à 50, illustrant l’incapacité persistante de la majorité des Etats à endiguer les pratiques corruptives.

Transparency International exprime pour le cas des Etats-Unis d’Amérique, une inquiétude particulière face à des «actions qui ciblent les voix indépendantes et mettent en péril l’indépendance judiciaire», révélant que depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, le président Donald Trump a renforcé la pression sur de nombreuses institutions, des universités à la Réserve fédérale. Les États-Unis voient ainsi leur score reculer de 65 à 64, loin des 76 points enregistrés en 2015.

Le rapport critique également le gel temporaire de l’application de la loi américaine contre la corruption à l’étranger, y voyant un signal de tolérance envers des pratiques commerciales douteuses, ainsi que la réduction drastique de l’aide internationale, jugée préjudiciable aux efforts anticorruption mondiaux.

En Europe, le Royaume-Uni et la France enregistrent aussi un recul, malgré un classement encore favorable. Transparency International pointe l’affaiblissement des contrôles indépendants et l’insuffisance des sanctions. La Bulgarie et la Hongrie ferment la marche au sein de l’Union européenne, cette dernière étant accusée d’avoir laissé se déliter l’État de droit sous le gouvernement du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

En revanche, le rapport de l’ONG TI salue certaines évolutions positives, notamment en Ukraine, où la mobilisation de la société civile et la révélation de scandales témoignent de l’existence dans ce pays, d’une architecture anticorruption désormais plus efficace malgré un score encore modeste.