La Banque mondiale estime que le Maroc peut jouer le rôle de « moteur de la transition énergétique » du transport maritime mondial, à la faveur de sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût.
Le Royaume se positionne « déjà en tant qu’acteur clé du transport maritime, et ses ports sont prêts à servir de plaques tournantes pour la production, le stockage, le soutage et l’exportation d’hydrogène vert », souligne la BM.
L’accélération du développement de la filière de l’hydrogène vert au Maroc créera de l’emploi, générera des revenus supplémentaires, améliorera l’accès à l’eau potable et renforcera l’approvisionnement en électricité, affirme l’institution internationale, estimant que l’énergie renouvelable excédentaire générée par la production d’hydrogène peut également servir aux communautés locales.
La BM fait observer que le secteur maritime mondial se trouve à un tournant décisif, où il doit relever le double défi de répondre à une demande croissante de services de transport maritime, tout en gérant ses émissions de manière responsable.
À cet égard, les dérivés de l’hydrogène vert, comme l’ammoniac et le méthanol, s’imposent comme des options prometteuses pour remplacer les carburants traditionnels dans le transport maritime.
Par conséquent, des quantités importantes d’hydrogène vert seront nécessaires pour alimenter le transport maritime ainsi que d’autres secteurs, observe la BM, relevant que cela représente une « excellente opportunité » pour certains pays, comme le Maroc, de tirer profit d’une industrie nouvelle et en pleine croissance.
« Le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour répondre à cette demande », estime la Banque mondiale.
L’institution mondiale relève ainsi que les infrastructures portuaires constituent un élément majeur du cadre stratégique du gouvernement marocain pour développer la filière de l’hydrogène vert, notant que des ports marocains comme ceux de Tanger Med, Mohammedia, Jorf Lasfar et Tan-Tan pourraient jouer un rôle déterminant dans la réalisation des ambitions du Maroc en matière d’hydrogène vert.
En effet, le Groupe de la Banque mondiale estime que, d’ici 2030, dans un scénario de demande moyenne, les navires faisant escale dans les ports marocains pourraient nécessiter environ 0,2 million de tonnes d’hydrogène-équivalent en carburant, et environ 2,83 millions de tonnes d’ici 2050. Cet hydrogène serait converti en combustible marin vert sous forme d’ammoniac ou de méthanol.
Actuellement, Tanger Med, l’un des plus grands ports à conteneurs au monde, traite autour de 1,5 million de tonnes de carburants fossiles destinés au transport maritime chaque année, relève la BM, estimant que ce port marocain est bien placé pour devenir un hub de soutage de carburant vert, captant la demande des navires transitant par l’un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde.
Le port de Jorf Lasfar joue également un rôle stratégique dans cette transformation, en traitant déjà environ deux millions de tonnes d’ammoniac par an. Cela en fait un site idéal pour intégrer les dérivés de l’hydrogène vert comme intrants dans les procédés industriels existants. « En utilisant l’ammoniac vert pour produire des engrais, Jorf Lasfar pourrait contribuer à la décarbonation du secteur des engrais au Maroc », souligne la BM.

