L’Allemagne et la Belgique ont vivement critiqué mercredi la Hongrie pour avoir bloqué un nouveau paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie ainsi qu’un prêt de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine.
Cette opposition, jugée incompréhensible par plusieurs capitales européennes, intervient dans un contexte de guerre prolongée et de pressions croissantes sur la cohésion des Vingt-Sept.
En déplacement à Berlin, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a exprimé son irritation lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue belge. Il a pointé ce qu’il considère comme une contradiction au sommet de l’État hongrois.
« En décembre dernier, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a accepté précisément la ligne d’action que son ministre des Affaires étrangères bloque aujourd’hui. La Hongrie ne peut pas expliquer cette incohérence », a-t-il déclaré.
Le ministre allemand s’est dit « consterné » par cette attitude, estimant qu’elle contredit l’héritage historique de la Hongrie, notamment son rôle déterminant en 1989 dans l’ouverture du rideau de fer, symbole de la fin de la division européenne.
Son homologue belge, Maxime Prevot, a qualifié la position de Budapest «d’inacceptable», avertissant que la patience des partenaires européens s’érodait.
Faisant allusion aux élections législatives prévues en avril en Hongrie, il a reconnu que « les périodes électorales sont difficiles », tout en jugeant inadmissible de « prendre en otage le sort et les besoins de l’Ukraine en pleine guerre ».
Ces tensions font suite à une lettre adressée lundi par Viktor Orban aux dirigeants européens. Le Premier ministre y reproche à Kiev de ne pas avoir repris les livraisons de pétrole via l’oléoduc Druzhba, infrastructure clé pour l’approvisionnement énergétique hongrois en brut russe.
Budapest estime que cette situation crée une urgence énergétique, tandis que plusieurs États membres dénoncent un blocage politique aux lourdes conséquences stratégiques pour l’Union.

