Le commerce mondial des armes a connu une progression notable ces dernières années, porté notamment par une hausse spectaculaire des importations européennes.
Selon un rapport publié lundi par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), le volume des transferts internationaux d’armes a augmenté de 9,2 % entre 2021 et 2025 par rapport à la période 2016-2020.
L’Europe apparaît désormais comme la région la plus dynamique de ce marché. Ses importations d’armes ont bondi de 210 % sur cinq ans, représentant désormais 33 % des importations mondiales.
Cette hausse s’explique en grande partie par l’aide militaire massive destinée à l’Ukraine depuis l’invasion russe de 2022, mais aussi par la volonté de nombreux États européens de renforcer rapidement leurs capacités de défense face à la menace perçue de Moscou.
« Les livraisons à l’Ukraine constituent le facteur le plus visible, mais la plupart des autres États européens ont également augmenté leurs achats d’armes pour consolider leur sécurité », explique Mathew George, directeur du programme sur les transferts d’armes du Sipri.
Dans ce contexte, les États-Unis confirment leur domination sur le marché mondial. Ils représentent désormais 42 % des exportations internationales d’armes, contre 36 % lors de la période précédente.
Près de 48 % des armes importées par les pays européens proviennent ainsi de l’industrie de défense américaine. Malgré les ambitions affichées de renforcer l’autonomie stratégique du continent, les échanges d’armes entre États européens ne représentent qu’environ un cinquième des flux dans la région.
Par ailleurs, l’Allemagne s’est hissée au rang de quatrième exportateur mondial, dépassant la Chine avec 5,7 % des exportations globales. Une part significative de ces exportations, près d’un quart, a été destinée à l’Ukraine sous forme d’aide militaire.
Au Moyen-Orient, les importations d’armes ont diminué de 13 %, même si plusieurs pays de la région restent parmi les principaux acheteurs mondiaux. L’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït figurent toujours dans le haut du classement, et de nombreuses livraisons restent en attente d’une possible reprise des achats dans les années à venir.

