Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, dimanche 8 février, une série de mesures visant à renforcer le contrôle de l’État hébreu sur la Cisjordanie occupée, y compris dans des zones administrées par l’Autorité palestinienne. Selon un communiqué conjoint des ministères israéliens des Finances et de la Défense, ces décisions entendent « modifier fondamentalement la réalité juridique et civile » de ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
Parmi les dispositions adoptées figure l’abrogation de réglementations héritées de la période jordanienne, antérieure à 1967, qui interdisaient aux juifs l’achat de terres en Cisjordanie. Le gouvernement israélien entend également étendre ses prérogatives sur certains sites religieux situés dans des zones théoriquement placées sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. Sont notamment concernés le tombeau des Patriarches, également connu comme la mosquée d’Ibrahim à Hébron, ainsi que la tombe de Rachel à Bethléem, deux lieux saints majeurs pour les trois religions monothéistes.
À Hébron, ville où vivent des colons israéliens sous protection militaire au cœur d’une population palestinienne dense, les procédures de construction devraient être assouplies. Jusqu’à présent, les permis nécessitaient l’approbation conjointe des autorités municipales palestiniennes et israéliennes. Désormais, seules les autorités israéliennes seraient compétentes pour statuer.
Le cabinet de sécurité justifie également l’extension du contrôle israélien aux zones A et B — qui relèvent, selon les accords d’Oslo, de l’Autorité palestinienne — par la nécessité de lutter contre les « infractions liées à l’eau », les atteintes aux sites archéologiques et les nuisances environnementales.
La présidence palestinienne, basée à Ramallah, a immédiatement condamné ces mesures, y voyant une tentative supplémentaire « d’annexion de la Cisjordanie occupée ». Aujourd’hui, environ trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie aux côtés de plus de 500 000 colons israéliens, installés dans des colonies considérées comme illégales par le droit international. Selon les Nations unies, la croissance de ces colonies a atteint en 2025 un niveau record depuis le début de leur suivi en 2017.

