Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté, dimanche 8 février, le second tour de l’élection présidentielle portugaise, s’imposant nettement face au candidat d’extrême droite André Ventura. Selon des résultats quasi définitifs portant sur 99,2 % des circonscriptions, l’ancien dirigeant du Parti socialiste a recueilli 66,8 % des suffrages, contre 33,2 % pour son adversaire.
Dans sa première réaction, Antonio José Seguro a salué une victoire collective, estimant que « les vainqueurs ce soir sont les Portugais et la démocratie ». Le futur chef de l’État a affirmé sa volonté d’exercer ses fonctions en tant que « président de tous les Portugais », appelant au rassemblement dans un pays marqué par une forte polarisation politique.
La victoire du candidat socialiste a suscité de nombreuses réactions à l’étranger. Le président français Emmanuel Macron a adressé ses félicitations à Antonio José Seguro, assurant vouloir renforcer la coopération entre Paris et Lisbonne dans le cadre du traité d’amitié liant les deux pays. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également salué une « voix portugaise forte » en faveur des valeurs européennes communes, soulignant la résilience démocratique du pays malgré les récentes tempêtes meurtrières ayant frappé plusieurs régions.
Ancien secrétaire général du Parti socialiste entre 2011 et 2014, Antonio José Seguro succédera officiellement le 9 mars au président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en fonction depuis dix ans. Durant la campagne, il s’est posé en candidat du consensus, mettant en garde contre le « cauchemar » que représenterait, selon lui, une victoire de l’extrême droite.
André Ventura, qui avait créé la surprise en accédant au second tour avec 23,5 % des voix, a reconnu sa défaite tout en se félicitant du « meilleur résultat de l’histoire » de son parti Chega, devenu l’an dernier la principale force d’opposition. Malgré la nature largement symbolique de la fonction présidentielle, le nouveau chef de l’État est appelé à jouer un rôle central dans un contexte politique fragile, marqué par l’absence de majorité parlementaire stable. Selon le politologue Bruno Ferreira da Costa, Antonio José Seguro « restera au cœur du jeu politique » dans les mois à venir.

