La Russie annonce l’arrestation à Dubaï de l’agresseur présumé du général Vladimir Alexeïev

Les services de sécurité russes (FSB) ont annoncé, dimanche 8 février, l’arrestation de l’auteur présumé de la tentative d’assassinat d’un haut responsable militaire russe à Moscou, une attaque que les autorités imputent à l’Ukraine. Le suspect avait pris la fuite vers les Émirats arabes unis avant d’être interpellé puis extradé vers la Russie.

Les médias d’État russes ont diffusé des images montrant l’homme, les yeux bandés, escorté par des agents cagoulés du FSB lors de son arrivée sur le sol russe. Selon les autorités, le président Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone samedi soir avec le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, afin de le remercier pour son assistance dans cette opération.

La cible de l’attaque, le général Vladimir Alekseïev, avait été grièvement blessé vendredi par plusieurs tirs et hospitalisé. Âgé de 64 ans, il est le premier adjoint du chef du renseignement militaire russe, Igor Kostioukov, et joue un rôle clé au sein de la délégation russe impliquée dans les pourparlers de paix avec l’Ukraine. Il a survécu à l’attaque, survenue dans un contexte de multiplication d’assassinats visant des figures de l’armée russe, des responsables politiques locaux et des soutiens idéologiques de l’offensive menée en Ukraine, certains ayant été revendiqués par Kiev.

Selon le FSB, le principal suspect est un citoyen russe né en 1960, présenté comme « l’auteur direct du crime ». Un complice a été interpellé à Moscou, tandis qu’une troisième personne, une femme, aurait réussi à fuir vers l’Ukraine. Les autorités ukrainiennes ont fermement démenti toute implication. Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a évoqué de possibles luttes internes au sein de l’appareil russe.

Le général Alekseïev figure sur les listes de sanctions occidentales pour son rôle présumé dans des cyberattaques imputées à Moscou et pour son implication supposée dans l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé Kiev de chercher à saboter les négociations en cours sur une issue au conflit en Ukraine, des accusations restées sans réponse officielle à ce stade.