Les États-Unis ont récemment annoncé que la Russie et l’Ukraine avaient convenu un cessez-le-feu partiel portant sur les infrastructures énergétiques et la sécurité de la navigation en mer Noire. Cette avancée, bien que limitée, pourrait accélérer l’implication de l’Union européenne dans les négociations, notamment sur la question des sanctions économiques imposées à la Russie.
Depuis plusieurs semaines, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio tente d’apaiser les préoccupations des Européens, frustrés d’être écartés des discussions sur le conflit ukrainien. Il leur a assuré qu’ils seraient consultés lorsque viendrait le moment de traiter des sanctions, un sujet devenu central à la suite des nouvelles demandes formulées par Moscou.
Le Kremlin a en effet posé plusieurs conditions avant de rétablir l’initiative de la mer Noire, parmi lesquelles la levée des restrictions sur ses exportations agricoles et la réintégration de la Rosselkhozbank – la Banque agricole russe – au système de paiement international SWIFT. Ce réseau, basé en Belgique et soumis à la législation européenne, avait exclu plusieurs banques russes en 2022 en réponse à l’invasion de l’Ukraine.
L’exclusion de la Rosselkhozbank a entravé les transactions agricoles de la Russie et accentué les tensions avec l’UE. Bien que Bruxelles n’ait jamais directement sanctionné les exportations agroalimentaires russes, ces restrictions ont eu des répercussions significatives sur le commerce mondial, contribuant à l’effondrement de l’accord céréalier négocié par la Turquie et l’ONU.
Le président russe, Vladimir Poutine, estimant avoir un soutien potentiel de son homologue américain, Donald Trump, a réitéré sa demande de réintégration à SWIFT. La Maison-Blanche s’est montrée évasive sur cette question, indiquant seulement que les États-Unis aideraient la Russie à améliorer son accès aux systèmes de paiement pour ses exportations agricoles.
L’Union européenne se retrouve ainsi face à un dilemme stratégique : un refus pourrait irriter Washington, qui cherche à consolider un cessez-le-feu, tandis qu’un assouplissement des sanctions risquerait d’être perçu comme un signe de faiblesse par Moscou, affaiblissant la position de Kiev, qui exige le maintien de restrictions strictes tant que le conflit se poursuit.