La junte militaire au pouvoir au Myanmar a annoncé l’octroi d’une amnistie à plus de 6.000 détenus à travers le pays, à l’occasion du 78ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, célébré dimanche, rapportent plusieurs médias locaux, dont le quotidien Eleven.
Selon ce média, le Conseil national de défense et de sécurité a ordonné la libération de 6.134 prisonniers et détenus purgeant des peines dans des prisons, des centres de détention et des camps pénitentiaires répartis sur l’ensemble du territoire.
Les autorités militaires expliquent que cette décision vise à marquer la fête de l’Indépendance et à « pacifier les cœurs et les esprits du peuple », tout en affirmant agir dans le respect de « considérations humanitaires ».
Dans le même cadre, le président par intérim du Myanmar a également accordé une grâce présidentielle à 52 détenus étrangers, dont des ressortissants chinois qui ont été peu après leur libération, expulsés vers leur pays.
L’ordonnance précise que cette mesure vise à « maintenir des relations amicales entre les pays » et à promouvoir la coopération internationale sur des bases humanitaires.
Cette annonce intervient quelques semaines après une précédente amnistie de grande ampleur. En novembre dernier, la junte avait déjà libéré plus de 3.000 prisonniers politiques et abandonné les charges restantes contre 5.580 autres personnes, ordonnant leur remise en liberté à la veille des élections organisées en décembre dernier.
Ces gestes avaient été perçus par de nombreux observateurs comme une tentative d’apaisement face aux critiques internationales.
Le Myanmar est dirigé par les militaires depuis le coup d’État de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil élu de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD). Ce putsch a déclenché un vaste mouvement de protestation à l’échelle nationale, brutalement réprimé par les forces de sécurité et des milliers de manifestants, d’opposants politiques et de militants ont depuis été arrêtés.
Parmi les figures emblématiques détenues figure Aung San Suu Kyi, cheffe de la NLD et ancienne dirigeante civile du pays, condamnée à un total de 33 ans de prison.
Malgré les amnisties annoncées, la situation politique et sécuritaire demeure instable dans le pays, et les appels internationaux en faveur d’un retour à un ordre démocratique restent sans réponse concrète.

