Iran : Les manifestations se poursuivent pour la neuvième nuit consécutive

Pour la neuvième nuit consécutive, des manifestations ont agité l’Iran lundi 6 janvier, confirmant la persistance d’un mouvement de contestation né le 28 décembre au cœur du bazar de Téhéran. 

Loin de s’essouffler, la mobilisation s’est étendue à des dizaines de villes iraniennes, notamment à Ispahan, dans le centre du pays, où des foules ont de nouveau occupé la rue.

Initialement motivées par la flambée des prix et l’effondrement du pouvoir d’achat, les revendications ont progressivement pris un tour politique. Dans un contexte où l’inflation dépasse désormais 50 % et où le rial a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, de nombreux produits de base sont devenus inaccessibles. 

Si la crise est en partie liée au rétablissement des sanctions internationales depuis septembre, une partie des manifestants met directement en cause la corruption et la captation des ressources par les Gardiens de la révolution.

Les slogans hostiles au régime se multiplient et certains manifestants appellent explicitement à la chute du Guide suprême ou au retour de la monarchie abolie en 1979. 

Sans atteindre l’ampleur du soulèvement «Femme, vie, liberté» de 2022, la vague de colère transcende les catégories sociales : elle mobilise étudiants, ouvriers et classes moyennes, et touche autant les grandes villes que les zones rurales du pays.

Cette contestation intervient dans un moment de fragilité pour le pouvoir, soumis à une pression extérieure constante et à l’incertitude régionale. Donald Trump a exprimé son soutien aux manifestants, tandis que les récentes chutes de régimes alliés de Téhéran, notamment en Syrie et au Venezuela, laissent planer l’espoir d’un changement en Iran. Mais malgré le rejet croissant que suscite l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, la structure sécuritaire autour des Gardiens de la révolution et de la police demeure solide.

Si le régime de Téhéran paraît ébranlé, rien n’indique pour l’instant qu’il soit sur le point de vaciller. Reste que cette nouvelle séquence de contestation souligne, une fois encore, la profondeur du malaise économique et politique qui traverse la société iranienne confrontée à un coup de la vie inquiétant et un taux de chômage élevé parmi les jeunes et des libertés individuelles et collectives très restreintes.