Au moins neuf personnes ont perdu la vie mardi 6 janvier lors d’affrontements à Alep entre forces gouvernementales syriennes et combattants kurdes, dans l’un des épisodes les plus meurtriers depuis plusieurs mois.
Face à l’escalade qui se poursuivait dans la soirée du mardi, les autorités ont suspendu pour 24 heures, tous les vols à destination de l’aéroport d’Alep et ordonné la fermeture, mercredi, des écoles, universités et administrations publiques.
Les violences interviennent alors que les discussions stagnent autour de l’accord signé en mars dernier, prévoyant l’intégration progressive des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, au sein de l’État syrien d’ici fin 2025.
Selon les FDS, des groupes pro-régime auraient bombardé le quartier kurde de Cheikh Maqsoud, tuant quatre civils, dont deux femmes et un enfant, à la suite de tirs «aveugles» d’artillerie et de missiles ayant également touché Achrafieh. Ces quartiers, majoritairement kurdes, restent sous contrôle d’unités affiliées aux FDS malgré un accord de retrait de ces localités, conclu en avril.
Le ministère syrien de la Défense a cependant accusé les FDS d’avoir visé « plusieurs quartiers » proches de leurs positions. L’agence Sana a fait état de cinq morts, dont un soldat et quatre civils, parmi lesquels un enfant. Deux employés d’un centre de recherche figurent également parmi les victimes.
Face au «ciblage indiscriminé», le gouverneur d’Alep, Azzam al-Gharib a justifié la fermeture des services publics et l’annulation des événements officiels. Les vols prévus vers Alep seront redirigés vers Damas, a précisé l’Aviation civile.
Ces tensions surviennent alors que Mazloum Abdi, chef des FDS, a récemment rencontré à Damas, des responsables du gouvernement syrien pour discuter de l’intégration des forces kurdes, sans progrès notables. Les Kurdes, qui contrôlent toujours de vastes territoires dans le Nord-est, restent un acteur clé dans la Syrie post-Assad.
Parallèlement, la Turquie, proche alliée des nouvelles autorités syriennes, a exhorté le PKK à renoncer aux armes « y compris en Syrie », réaffirmant son opposition à toute implantation des FDS et de leurs alliés kurdes sur sa frontière.
Les FDS, ancien fer de lance de la lutte contre l’État islamique, dénoncent par ailleurs des attaques gouvernementales près du barrage stratégique de Tishreen et affirment leur droit à riposter.

